COVID-19 : l’Europe victime de ses propres symptômes

COVID-19 : l’Europe victime de ses propres symptômes

COVID-19 : l’Europe victime de ses propres symptômes 2878 1384 Génération d'Avenir

Une fois de plus, la crise sanitaire que traverse actuellement le monde entier démontre à quel point le tandem franco-allemand est quelque peu rouillé. Voire pire, cette crise révèle tous les maux dont souffre l’Union Européenne. Pendant que le système de santé italien croulait sous la catastrophe, les Français, s’ils n’étaient pas aux chevets de leurs proches ou équipés d’une blouse blanche dans les hôpitaux se préparant à la vague de malades à venir, brandissaient dans les rues et sous une douceur printanière leurs derniers verres, trinquant ironiquement au sort qui leur était réservé. Trois jours plus tard, c’est toute la France, à l’instar de ses voisins espagnols et italiens qui est paralysée. Et c’est au tour de l’Allemagne de faire preuve d’inconscience. Tandis que le nombre d’infectés explose dans le pays outre-Rhin, Merkel, par sa première allocution télévisée de son mandat, appelle la population à la décence en qualifiant la situation de sérieuse mais sans prendre de réelles mesures. Le manque de politique sanitaire européenne révèle à quel point les Etats retrouvent dans de telles situations de crise des réflexes de prises de décisions nationales.

Tristes spectateurs de l’unilatéralisme dont fait preuve chaque Etat, cette situation doit nous rappeler que l’intégration européenne est loin d’être aboutie et d’une manière plus générale, que le projet européen reste à sauver. Servons-nous de ce grand défi pour tirer des leçons. Nous aurons à tirer le triste constat que chaque Etat, de son côté, n’a pas réussi à assumer cette crise sanitaire. Certains manquent de masques, de lits, d’autres de capacité à réagir en leur sein. Cette crise elle-même dégage des points sur lesquels la France et l’Allemagne auraient au moins pu coopérer pour mieux traverser cette tempête : des prises de mesures communes pour limiter la propagation du virus, de l’entraide et du partage de matériel, des recherches communes sur un potentiel vaccin. Ainsi pourrait naître l’idée d’une entité franco-allemande commune de recherche et de développement. De la même manière que la BCE a proposé un plan de crise exceptionnel pour sauver les marchés, il s’agirait de réfléchir à un catalogue recensant un certain nombre de crises et de catastrophes, qu’elles soient économiques, sanitaires, militaires ou environnementales, à l’occasion desquelles France et Allemagne seraient obligées de coopérer pour obtenir des résultats plus efficaces que de simples décisions à l’échelle nationale.

Ainsi, plus que jamais, c’est la coopération européenne et l’implication du couple franco-allemand qui doit nous animer et tenir le mot d’ordre pour gérer au mieux ce type d’évènements.

Certes, seul, on prend des décisions plus rapidement. Cependant, c’est à plusieurs que l’on prend des décisions durables.

Léandre Lepers, étudiant en droit français et allemand à la Sorbonne et chargé du futur comité de rédaction du projet “DenkFabrik”.

Lancement du projet Denkfabrik prochainement :

Malgré les mesures exceptionnelles de confinement, Génération d’Avenir poursuit la réflexion en lançant Denkfabrik, son programme dédié aux enjeux franco-allemands. Inspiré par la situation actuelle et les divergences dans la mise en place des mesures sanitaires exceptionnelles outre-Rhin, voilà de quoi lancer quelques éléments de réflexion sur les enjeux des interactions franco-allemandes au cœur du projet européen.
Dans une démarche résolument européenne, Denkfabrik proposera notamment aux étudiants franco-allemands mais plus généralement à tous ceux qui s’intéressent à notre voisin outre-Rhin de se pencher sur les enjeux et l’ambition de la relation entre la France et l’Allemagne.
En juin prochain, Denkfabrik, si la situation sanitaire le permet, se lancera à l’Institut français de Bonn en Allemagne puis à l’Assemblée nationale. Dès à présent, nous vous proposons des premiers éléments de réflexion sur l’économie, la défense, l’environnement, la culture, la jeunesse, la place du couple franco-allemand dans l’action européenne.
Si vous souhaitez également prendre part au projet, rejoignez-nous dès maintenant en écrivant au directeur du programme, Hugo Leclerc, à son adresse :
hugo.leclerc@generationdavenir.fr