La dérive de l’écologie moderne…

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Un jour élu, le lendemain déchu…

La politique, ou plutôt son histoire n’a ni sens ni raison. Elle s’explique par un éternel retour, comme un cycle qui s’élance sans fin. Retour niestchéen aux phases victorieuses puis déchu… comme un cycle qui s’élance sans fin. De la gauche à la droite en passant par le centre, l’heure de gloire sonne pour les uns, le requiem pour les autres. Et aujourd’hui le vert est glorieux. 

Khmers verts. Ayatollah de la transition énergétique. Adepte du mode de vie vegan et bien plus encore…

Le retour du parti Europe Écologie les verts s’affirme de plein fouet sur la scène politico-médiatique. Parti d’une tendance écolo, soutenue par une jeunesse pourtant en proie à la consommation abusive, le parti des verts a réalisé une percée historique aux Européennes 2019. Une épiphanie soldée par un score de 16,28% des suffrages, faisant de Yannick Jadot un sérieux adversaire dans la course à l’Elysée.

Si certains médias s’alarmaient de la montée du Rassemblement national, la montée en puissance d’EELV a également matière à nous inquiéter. Méconnaissance de l’écologie, revendications communautaires, progressisme abusif et voilà qu’en quelques mois EELV est devenu acceptable

Mais l’accepter c’est oublier les incohérences écologiques dans lequel sombre le parti depuis sa création. C’est l’ecotartuffeDaniel Cohn Bendit qui avait ouvert la voix de ce fléau. Preux défenseur de l’écologie et cadre du parti en 2009, Dany le rouge soutenait sans ménagement un attachement profond pour le capitalisme et l’économie de marché, pourtant difficilement conciliable avec un véritable projet écologique. 

Rassemblant un électorat de gauche comme de droite et longtemps considéré comme la charrette du PS, EELV a levé l’ancre afin d’élargir son électorat. Le tout, au prix de discours opportunistes qui font grincer les plus écologistes du partis. C’est ainsi que Jadot se posait en défenseur de “l’économie de marché, de la libre entreprise et de l’innovation” acclamant le libéralisme économique pendant que Julien Bayou, tentait tant bien que mal de modérer les propos du nouvel homme fort des verts. “Dire qu’EELV fait un tournant libéral est un malentendu” confiait-il à Marianne. Une double position critiquée par Jean Luc Mélenchon qualifiant la politique du parti d’écologie de marché.

Pourtant, le candidat des verts s’est imposé comme un sérieux adversaire pour l’Elysée. Mais cette complaisance, cet aveuglement volontaire envers le candidat vert nous a vite fait oublier ses déclarations populistes et hasardeuses qui cachent une triste réalité écologique. Y. Jadot annonçait en 2018 préférer “dépendre du vent, du soleil, de l’eau” plutôt que “de Poutine et des pétromonarchies du Golf”. Un discours nihiliste révélateur de la stratégie du parti : prétendre servir les intérêts du peuple et de la planète sans en connaitre les tenants et les aboutissants. 

Cependant, l’extraction des métaux rares nécessaires à la confection de ces green techs représente une pollution sans commune mesure, notamment pour la Chine qui en pâtit considérablement. 

Exploité par l’Empire du milieu, l’extraction de ces métaux sont responsables de la contamination de milliers d’habitants par des maladies radioactives comme à Baoutou. Véritable “Sillicon Valley des terres rares”, Baoutou détient 70% des réserves de terres rares et avec elles, les souffrances subies par la population.

Jadot déclarait également ne plus dépendre du pétrole, ignorant le problème majeur des voitures électriques, véritables placébos écologiques. A titre d’exemple, la création d’une Tesla modèle S dotée de batteries dépassant 600 km d’autonomie pourraient générer autant de CO2 qu’une voiture carburant au pétrole. Pas certain que les verts puissent payer l’addition de la Chine…

Un parti qui donne le change sous couvert de communautarisme décomplexé

Se servir de l’actualité, se targuer de représenter le peuple et soutenir une doxa bien loin des réalités, voilà la stratégie d’EELV. Les soutenir, c’est vouloir un pays démilitarisé, une police insignifiante et une sécurité tributaire d’un Etat faible. Dans son rapport du 10 mars 2020, EELV déclarait vouloir démilitariser progressivement la police municipale et supprimer les caméras de surveillance car “la sûreté locale repose sur une approche préventive et démocratique”. Un discours rapporté dans une période de “haine anti-flic” dans laquelle la violence légitime weberienne n’a cessé d’être remise en cause, fragilisant le concept même de démocratie. 

Pourtant, l’utopie d’un retour à l’Etat de nature a imprégné le partie vert qui s’en est servie pour fermer les yeux sur la délinquance. Mais lorsqu’on condamnait le gouvernement de fermer les yeux sur les bavures policières on oubliait de condamner l’aveuglement des verts sur l’explosion de la violence.

Un progressisme abusif devenu vitale

Depuis leur entrée en fonction, les maires écologistes se sont mis au diapason de l’idiotie progressiste. Alice Coffin avait commencé sur les chapeaux de roue, annonçant préférer rester célibataire pour éviter d’être violée et battue, une rhétoriquequi en dit long sur le niveau des cadres du parti.

Dans le même registre, Gregory Doucet, le nouveau maire de Lyon qualifiait le Tour de France d’événement “machiste” tendant la main aux néo-féministes exacerbées avant d’évoquer l’aspect écologique du tour. Ce dernier dénonçait une “empreinte écologique” trop importante, un discours rabat joie pour un évènement devenu le symbole de la France des territoires. 

Voilà qu’au nom de la laïcité, c’est ce même personnage qui refusait de se prêter à une tradition à la basilique de Fourvière avant de déposer dans la même semaine, la première pierre à la mosquée de Gerland….

Et voilà que jamais deux sans trois, son camarade Pierre Hurmic s’est quant à lui indigné de la présence de sapins de “noël”, “un arbre mort ” selon ses dires qui va à l’encontre de sa charte des arbres. 

Mais voilà, heureusement, Isabelle Saporta, compagne de Yannick Jadot a eu les mots justes. Alors qu’en quelques mois on s’était résolu à regarder sans bouger la mouvance écologiste, la journaliste a conseillé aux nouveaux élus verts d’arrêter de débiter “une idée à la con par jour”. Un phrase qui peut-être nous permettra d’élargir la réflexion sur un parti qu’on s’est résolu à regarder sans indignation. Un parti qui en quelques mois s’est hissé au plus haut de la politique française.  

“Ce n’est pas une révolte sir, c’est une révolution”…

En espérant que le retour ne soit pas éternel !

Lucas Valentin


[1] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/03/06/europeennes-yannick-jadot-accuse-de-proner-une-ecologie-de-marche_5432124_823448.html

[2] https://www.marianne.net/politique/europeennes-ecologie-gauche-droite-allemande-yannick-jadot

[3] https://www.liberation.fr/france/2018/08/20/c-est-quand-meme-plus-sympa-de-dependre-du-vent-du-soleil-de-l-eau-que-de-poutine-ou-des-petromonarc_1673623

[4] La guerre des métaux rares – Guillaume Pitron

[5] https://www.eelv.fr/securite-ecologie-municipale/

[6] https://www.europe1.fr/societe/isabelle-saporta-deplore-les-propos-fracturants-des-maires-ecologistes-3991353

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