Fantasmes extra-terrestre et fiction scientifique : Une tentative d’expliquer l’indifférence général face au désastre écologique

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La situation est mauvaise. C’est assez difficile de le nier. A part quelque pseudo « Praud » -ffesionel
irréductibles climatosceptiques, il est devenu quasiment impossible de trouver un climatologue qui
n’est pas sous antidépresseur. Pourtant la majorité semble ne pas s’en inquiéter. Certes il y a un
nombre croissant de manifestations. Mais on ne ressent pas vraiment dans ces mouvement la
détermination du survivant : celle de celui qui est prêt à tous les efforts, tous les sacrifices pour
rester en vie. Les gens ne semblent pas vraiment « terrifiés » par le désastre à venir. Pourtant audevant des prédictions cela devrait être l’attitude rationnel à avoir.
Mais alors pourquoi ? pourquoi, même informé des faits, les gens ne semble pas inquiets ?
Il me semble que cette indifférence peut être expliquer par la manière dont la majorité des gens
perçoivent le monde. En effet je pense que notre perception nous amène à sous-estimer et à nous
désintéresser de l’enjeux climatique, contre toute rationalité.

Quelle est la manière traditionnelle dont on perçoit le monde ?

Je m’inspire ici du travail d’Heidegger. Il y a traditionnellement 4 aspects du monde perçut par
l’individu.

Il y a deux aspects à la perception du monde physique
-Le monde terrestre/sol /nature : tous ce qui est sur notre planète
-le ciel/l’espace : La parti inaccessible et infini qui se trouve au-dessus de nous.
Il y a également deux aspects à la perception du monde des idées :
-la partie scientifique : tous ce qui est rationnel et réaliste
-la partie religieuse/spirituelle/imaginaire : Tous ce qui est irrationnel ou quasiment impossible à
atteindre : tous les rêve, les idéaux
Idéalement il faut :
-Un équilibre entre l’intérêt que l’on porte pour le ciel et celui que l’on porte pour la terre.
Autrement ont fini comme Icare par se bruler les ailes ou par s’écraser sur le sol.
-Une net séparation entre le scientifique et le spirituel/imaginaire. Autrement on fait de la science
irrationnelle et on en vient à défendre que la terre est un plateau au centre de l’univers.

Le scientisme : de la science-fiction à la fiction scientifique :

Quelle est le problème ?


Le premier problème, il me semble, est l’incapacité à percevoir la différence entre les idées
scientifique/rationnel et les idées imaginaire/spirituelle, ou plus simplement la monté du
« scientisme ». En effet de plus en plus de gens commence à attribuer à la science des pouvoirs
surnaturels, une capacité à accomplir l’irrationnel. Ainsi un journal du Monde titré il y a quelques
années « Comment la Silicon Valley va vous rendre immortel ! ». Je suppose que l’une des raisons
pour lesquelles ce phénomène se produit est que depuis que « dieu est mort » (#Nietzsche, soit
depuis que la religion est décrédibilisée), les gens ont été laissé avec un certain nombre de questions
et d’angoisses sans réponse. Ils espèrent donc aveuglement que la science va y répondre. Ce genre
de vision est cependant extrêmement dangereuse car en considérant la science comme une religion
on se met à penser qu’elle va nous apporter le salut face à tous les désastres. Ainsi, face à la
catastrophe climatique on s’attend à ce qu’un petit polytechnicien développe des super missiles à
souffre anti-réchauffement (#geoingenieurie), des super panneaux solaires produisant plus qu’une
centrale nucléaire et des super OGM qui peuvent pousser sur nos sols mourants.

Or ces deux situations idéales ne sont pas présentes…

Pourquoi la science ne pourrait pas nous sauver ?


Il y a deux limites majeures qui empêche nos héros en blouse blanche de garantir notre survie.
La première est tout simplement la limite des matières première. En soi la théorie scientifique
peut mener très loin. Cependant à force de rêver et de théoriser, beaucoup ont oublié que même
si l’on développe une théorie parfaite, elle est tout simplement inutile si l’on ne possède pas les
matières premières pour la mettre en pratique. Par exemple si dans trente ans l’on découvre un
remède miracle contre le vieillissement, mais que, pour assembler ce remède, il nous faut l’ADN
d’une espèce éteinte, cette découverte aura été inutile. Or s’il on se plait à rappeler
régulièrement que le progrès (des connaissances théoriques) scientifique croît de manière
exponentielle, on oublie souvent de mentionner que la quantité et la diversité des matières
premières disponibles sur notre planète décroît exponentiellement (on vide nos sols, ont
massacre notre biodiversité…). Ainsi il y a certes un élargissement continu des champs du
théoriquement possible, mais il y a également, par bien des aspect un rétrécissement des
champs du concrètement possible.

La deuxième limite de la science est liée à la structure même du système scientifique qui n’incite pas les scientifiques à chercher le salut de l’humanité. Pour comprendre cela il faut comprendre
comment le système fonctionne :

Ainsi la structure même de notre système scientifique fait que la majorité des scientifiques n’ont
pas d’incitation à sauver la planète (mais s’ils en ont envie !) mais simplement une incitation à
crée ce qui peut plaire à une demande à court terme. Ainsi même si le progrès scientifique croît
constamment, il y a peu à en espérer car il croît dans la mauvaise direction.
Certain défende que la demande est soucieuse de l’enjeux climatique et que en conséquent on a
beaucoup à espérer de la “Greentech”. Néanmoins il me semble que à cause du problème
d’asymétrie d’information, la demande ne fait pas la différence entre les innovations qui sont
effectivement bonnes pour la planète et les innovations qui ne font qu’en donner l’impression.
Ainsi le plus souvent le secteur privé cherche uniquement à donner une image verte à leur
produit car le marketing est moins cher que la recherche. Un bon exemple est le cas des voitures
électriques de Tesla. La plupart des gens les perçoivent comme une alternative écologique à la
voiture Classique. Pourtant selon une étude des chercheurs de UCLA (2013), l’impact écologique
des futures model avec une autonomie de 800Km sera 2.5 supérieurs à l’impact d’une voiture
Classique, car le processus d’extraction et d’exportation des matériaux de production est
extrêmement polluant.

Qui est le coupable ?


Il me semble que l’une des raisons principales pour laquelle le scientisme c’est autant répandu est la
place dominante qu’occupe la « science-fiction » dans notre cuture populaire. Je ne suis pas contre la
science-fiction en soi. Néanmoins je pense que lorsque l’ont écrit une histoire il faut faire un choix :
ou bien on choisit d’être réaliste est de rester dans le domaine du crédible, ou bien ont choisi et on
assume d’être totalement irréaliste et on ne cherche pas à justifier certains éléments de notre
histoire avec des arguments pseudo-scientifiques. Il me semble impossible et dangereux de chercher
un juste milieu par ce que si ont écrit une histoire irréaliste avec des éléments réaliste cela prête à la
confusion. Le spectateur, même inconsciemment, va avoir du mal à différencier les éléments
crédibles et les éléments irréalistes. En conséquent il va être amener à les confondre et à croire que
la science peut accomplir certaines choses complètements irréalistes.
Un bon exemple est le film « Interstellar ». La première partie du film est plutôt réaliste. Elle explique
que à force de jouer avec la génétique de nos plantes, on risque de détruire notre agriculture, et
donc notre civilisation. Elle souligne également que même si l’on était capable de développer le
voyage spatial à temps, on ne serait en mesure que de déplacer une minuscule proportion de
l’humanité (3-4 personnes) et contraint d’abandonner tout le reste. Cependant lors des 15 dernières
minutes du film, on apprend qu’une scientifique est parvenu à créer, grâce à un message du future,
off-screen, un super vaisseau rotatif permettant de déplacer toute l’humanité.
Un autre exemple intéressant (parce que plus connu) de ce problème est le film « Avengers
Endgame ». On peut résumer le scénario de la manière suivante (attention spoiler !). « Une
catastrophe terrible est survenu et a tué la moitié de la population de l’univers. Heureusement deux
scientifiques américains : Hank Pim et Tony Stark (qui au passage est également capable de crée une
armure pouvant voyager dans l’espace) parviennent à crée, en un peu prêt 15 minutes, une machine
à voyager dans le temps. Ils s’en servent donc pour retourner dans le passé et sauvez tout le
monde ».
Un spectateur de ces films peut en venir à la conclusion que même si tout va mal, le pouvoir de la
science peux tous nous sauver.
On pourrait me répondre que ce n‘est pas un problème pour les films Avengers car ils n’ont aucune
prétention à être réaliste. Mais je pense qu’il existe quand même une ambiguïté. Déjà parce qu’il y a
beaucoup d’éléments dans ces films que les scénaristes tentent de justifier par la science (Ex : Iron.
man et le dégivrage). Ensuite parce que certains personnages de ces films ressemblent beaucoup à
des personnes réels (Tony Stark et Elon Musk). Cela peut donc amener le spectateur, de manière
inconsciente, à confondre le réel et la fiction. Il se met donc à croire possible une fiction scientifique :
un rêve absurde et irréaliste mais qu’il perçoit néanmoins comme étant plausible.
Quelle sont les solutions ?
Je ne pense pas que la solution de ce problème soit d’interdire la science-fiction. Je pense cependant
qu’il est de la responsabilité des personnes qui produisent ce genre d’œuvre de faire un choix entre
le réaliste et l’irréaliste : ou bien ils essayent de rester crédible et à ce moment ils se doivent d’être
sérieux (en prenant les conseils d’un vrai scientifique par exemple), ou bien ils font le choix de
l’imaginaire et en ce cas-là ils se doivent de n’avoir aucune prétention scientifique.
Le déséquilibre physique : le fantasme extra-terrestre :
Quelle est le problème ?
Le deuxième problème est qu’il y a un déséquilibre dans la perception que les hommes modernes
ont du monde physique. Autrefois les hommes s’intéressaient autant au ciel que à la terre. Mais
aujourd’hui ils perçoivent le ciel/espace comme étant beaucoup plus intéressant que la terre. Ils ne
sont fascinés que par les gratte-ciels qui vont plus haut, les avions qui vont plus vite et les fusées qui
vont plus loin. Ils n’ont que faire des raffinements de la nature et des richesses de l’agriculture. Ainsi
on estime des millions de fois plus la vie d’un astronaute qui va cracher plusieurs tonnes de CO2 dans
l’atmosphère pour aller changer un boulon dans un satellite, plus que celle d’un agriculteur qui se bat
pour nous nourrir. Cela est dramatique pour deux raisons. Déjà parce que si le peuple est plus
intéressé par le progrès spatial que par la survie de la planète, le gouvernement suivra et fera plus
d’effort dans la recherche spatiale. Ensuite parce que cela amène toutes les personnes brillantes de
la planète (les scientifiques, artistes, philosophes…) à s’intéresser plus à l’espace qu’à la planète.
Qui est le coupable ?
Une fois de plus il me semble que la part de responsabilité des médias est considérable.
Historiquement il y avait un certain équilibre entre les œuvres qui parlaient de la terre et celles qui
parlaient du ciel. Mais aujourd’hui tous ne pensent qu’à faire l’apologie de la conquête spatiale. Si
l’on prend 3 des plus gros blockbusters de 2019 : Avengers 4, Star Wars et The Wandering Earth (gros
film chinois), on remarque qu’ils sont tous à propos de voyage spatiale. Où sont les films qui vantent
les merveilles de la nature terrestre ?


Quelle sont les solutions ?


Une fois de plus il est important de rééquilibrer nos centres d’intérêts. Il nous faut donc plus
d’œuvres dans notre culture populaire qui nous rappellent l’importance et la beauté de notre nature.
Il y a il me semble un peu d’espoir avec la popularité grandissante des film Postapocalyptique/survie/zombie. En effet des séries comme The Walking Dead traitent de sujet comme
l’importance de l’agriculture et l’indomptabilité de la nature. Cependant je pense qu’il y a trois
choses à améliorer avec ce genre d’œuvre. Premièrement elles doivent être plus diversifié (les films
de zombie n’attirent qu’un certain public, plutôt jeune, et finissent par devenir un peu lassant).
Deuxièmement elles doivent être plus réaliste car le fait qu’il y ai des zombies donne toujours
l’impression au public que c’est un scénario fictif qui, n’arrivera jamais. Troisièmement il ne faut pas
juste que ces œuvres soulèvent des problèmes, elles doivent également proposer des solutions en
expliquant, par exemple, de manière détaillée, comment on peut faire fonctionner une agriculture
durable.
Pour conclure il est fondamental aujourd’hui de changer notre perception du monde. Il faut que l’on
parvienne parfaitement à distinguer le scientifique de l’imaginaire sans avoir une fois aveugle dans
l’un des deux. Il faut également que l’on rééquilibre nos centres d’intérêts pour qu’ils soient plus
proche de la terre. Cela passe, il me semble, par une transformation totale de notre culture
populaire.


François de Navacelle

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