Les conséquences du confinement sur l’évolution de l’enseignement en France

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La décision du Président de la République en date du 16 mars 2020 instaurant une restriction des déplacements en France en raison de la pandémie de COVID-19 a engendré d’importants changements dans la façon d’enseigner dans notre pays. En effet, les professeurs aussi bien du primaire, du secondaire ou de l’enseignement supérieur ont été obligés de modifier la façon dont ils enseignent et cela en un temps très réduit afin de permettre aux élèves et aux étudiants de pouvoir continuer leurs apprentissages dans les meilleures conditions possibles. Ces évolutions, notamment avec l’utilisation de plateformes permettant l’enseignement à distance avec des cours assurés en vidéo-conférence ou grâce à des discussions en ligne et des forums posent une question majeure sur l’avenir de l’enseignement en présentiel dans notre pays.

À la lecture des différents articles de presse publiés sur le sujet, on peut voir que dans la globalité ces modifications sont bien comprises et adoptées par les élèves autant que par les professeurs et cela montre qu’avec de la préparation et de l’anticipation, l’avenir de l’enseignement en France pourrait être la généralisation de l’enseignement à distance. Cela permettrait au plus grand nombre d’accéder au savoir grâce à cette dématérialisation permettant à l’ensemble des élèves sur le territoire français d’accéder aux mêmes enseignements sans critères d’exclusion géographique.

Cette crise pose aussi la question évidemment de l’évolution du métier d’enseignant et de professeur puisqu’en cas de généralisation et du développement de l’enseignement à distance, les besoins d’enseignants et de professeurs seraient moindres. Ces questions se posent aussi dans d’autres domaines avec l’automatisation de nombreux métiers comme dans la grande distribution permettant de réduire les risques si une telle crise sanitaire venait à se reproduire. Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a opté pour l’aménagement des épreuves du brevet des collèges et du baccalauréat, en raison de la crise : les épreuves se dérouleront uniquement via le contrôle continu. Nous sommes donc aussi face à une possible évolution importante dans le paysage de l’enseignement avec la possible mort programmée des diplômes comme le baccalauréat. Effectivement, la priorité est avant tout que les élèves disposent de toutes les compétences pour accéder la rentrée prochaine au lycée et dans le supérieur, montrant alors que le brevet des collèges et le baccalauréat deviennent accessoires dans cette situation. 

Après cette crise inédite dans son ampleur, pour construire, selon la formule reprise par de nombreux politiques « le monde d’après », il faudra bien sûr imaginer le monde d’après dans l’enseignement et dans l’éducation, il sera forcément différent des pratiques jusqu’alors en vigueur avec le développement accru de l’enseignement à distance et de l’enseignement numérique.

Il faudra cependant être attentif à ne pas déséquilibrer le système éducatif français qui malgré bien des défauts, reste solide et égalitaire. La généralisation de ces nouvelles pratiques devra se faire avec la plus grande attention afin de ne pas exclure certains élèves de l’accès au savoir. Cela passera par un développement du numérique dans les familles modestes et donc par des aides de l’État pour aboutir à ce résultat. Une autre difficulté sera de respecter le règlement européen de protection des données (RGPD) puisque certaines des plateformes d’enseignement à distance utilisées durant le confinement par les écoles, collèges, lycées et universités ne respectent pas ce règlement comme la plateforme « Zoom » critiquée à cet égard par de nombreux articles de presse. 

Cette remise en question sera l’occasion de prendre enfin en compte les avis de l’ensemble de la communauté éducative française pour construire un nouveau modèle éducatif plus compétitif, plus moderne, plus ouvert sur le monde et plus souple en vue de l’adapter à des situations particulières comme des crises sanitaires pouvant se reproduire à l’avenir.

Cela passera par une consultation large de l’ensemble des acteurs et d’une réflexion sur l’utilisation du numérique dans le milieu éducatif et du cadre à créer afin de prévoir toutes les dérives possibles.

Enfin, la crise sanitaire va engendrer de nombreuses conséquences économiques qui constitueront à coup sûr le thème principal de l’élection présidentielle en 2022. Il ne faudra pourtant pas oublier cette thématique de l’éducation et les évolutions à apporter dans ce domaine afin d’améliorer le système éducatif français.

Julian Collière 

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